Les séquelles tardives du cancer du col de l’utérus : un sujet encore tabou, mais de nouveaux espoirs

Les femmes ayant reçu une radiothérapie du bassin souffrent fréquemment de sécheresse vaginale, de fibroses et de douleurs, des séquelles qui peuvent avoir un impact majeur sur leur qualité de vie et leur sexualité.

L’étude SAFE-PRHA évalue, pour la première fois, la sécurité d’une association de plasma riche en plaquettes (PRP) et d’acide hyaluronique afin de favoriser la régénération des tissus endommagés.

05 octobre 2026
Les séquelles tardives du cancer du col de l’utérus : un sujet encore tabou, mais de nouveaux espoirs

L’équipe de recherche de la Dr Zsuzsa Andrea Bodgal au Centre François Baclesse

Plus d’une patiente sur deux présente des séquelles tardives après une radiothérapie du bassin.

Le cancer du col de l’utérus est le cinquième cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde*. Son traitement comprend souvent une irradiation du bassin, réalisée soit par radiothérapie externe, soit par curiethérapie vaginale (radiothérapie interne). Bien que très efficace, cette irradiation peut entraîner des effets secondaires à long terme. La sécheresse vaginale, la fibrose ou encore le rétrécissement du vagin sont fréquents : selon les études, plus d’une patiente sur deux est concernée. La radiothérapie perturbe également l’équilibre naturel du microbiote vaginal et peut altérer la fonction ovarienne. La production d’hormones féminines diminue alors, ce qui accentue encore la sécheresse vaginale.

Au Centre François Baclesse, la Dr Zsuzsa Andrea Bodgal et son équipe développent une nouvelle approche thérapeutique pour soulager ces symptômes. « Il existe déjà des traitements aux résultats prometteurs, comme la thérapie vaginale au laser CO₂, qui favorise la régénération de la muqueuse vaginale, ou encore l’acide hyaluronique, utilisé pour lutter contre la sécheresse et améliorer l’élasticité des tissus. Toutefois, chez de nombreuses patientes, ces traitements ne sont pas suffisants », explique-t-elle.

La radiothérapie peut provoquer une inflammation et une fibrose des tissus vaginaux. Ces lésions sont à l’origine de nombreux symptômes : sensation de tension, démangeaisons, infections récidivantes, douleurs ou inconfort en position assise, à vélo ou lors de la marche. Les rapports sexuels peuvent également devenir douloureux, voire impossibles. « Beaucoup de patientes souffrent de ces problèmes, mais n’osent pas en parler par pudeur », souligne Peggy Henrotte, responsable des soins au Centre François Baclesse. « Avec cette étude, nous souhaitons leur redonner une part de leur qualité de vie. »

« Il existe déjà des traitements aux résultats prometteurs. Toutefois, chez de nombreuses patientes, ils ne suffisent pas. Avec SAFE-PRHA, nous souhaitons évaluer une nouvelle approche afin de favoriser la régénération des tissus endommagés. » Dr Zsuzsa A

Redonner de la qualité de vie aux femmes concernées

L’étude associe deux approches thérapeutiques ayant déjà montré des résultats encourageants lorsqu’elles sont utilisées séparément. Le procédé PRP consiste à préparer, à partir du propre sang des patientes, un plasma riche en plaquettes. Les facteurs de croissance qu’il contient peuvent stimuler les processus de cicatrisation et de régénération des tissus. Ce plasma est ensuite associé à de l’acide hyaluronique et injecté directement dans les tissus concernés afin de favoriser la cicatrisation, d’améliorer l’hydratation et de restaurer l’élasticité.

Le recrutement des participantes devrait débuter vers la fin de cette année. L’étude s’adresse aux femmes ayant reçu une radiothérapie du bassin, non seulement dans le cadre d’un cancer du col de l’utérus, mais également après le traitement d’un cancer de l’anus, d’un cancer du rectum ou après une irradiation des ganglions lymphatiques inguinaux. Pour être incluses, les patientes devront être en rémission complète. La première injection ne pourra être réalisée qu’au moins un an après la fin de la radiothérapie. Les participantes recevront quatre injections réparties sur une période de neuf mois.

L’objectif principal est d’évaluer la sécurité et la tolérance du traitement. Les chercheurs souhaitent également déterminer si cette approche permet une amélioration durable des symptômes liés à la radiothérapie.
Si l’association du PRP et de l’acide hyaluronique s’avère sûre et efficace, elle pourrait ouvrir la voie à de futurs essais cliniques et contribuer, à terme, à améliorer significativement la qualité de vie des femmes concernées.
 

Le projet de recherche SAFE-PRHA bénéficie d’un financement de 140 219 € de la Fondation Cancer

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