Traiter les tumeurs cérébrales reste extrêmement complexe pour deux raisons principales : leur environnement immunodépressif péritumoral, qui les rend presque invisibles aux cellules immunitaires, et la présence de la barrière hémato-encéphalique, un filtre protecteur du cerveau qui bloque la plupart des substances transportées par le sang, ce qui limite fortement l’accès des traitements administrés par voie sanguine.
Le projet du Dr Schumacher s’inscrit dans ce contexte et se développe en deux volets complémentaires. La première étape consiste à travailler in vitro en cultivant des cellules tumorales et différentes lignées de cellules immunitaires. Après mise en contact avec les cellules tumorales, les cellules immunitaires sont transfectées avec plusieurs siARN, de petits fragments de gènes capables de bloquer temporairement certaines fonctions cellulaires. Le but est de contourner la sénescence des cellules immunitaires, de restaurer leur activité et de leur permettre de reconnaître et d’attaquer la tumeur, conformément au principe de l’immunothérapie. Cette phase permet également d’identifier les gènes cibles les plus pertinents et d’affiner le dosage de la thérapie. Une fois ces résultats validés et reproductibles, ils servent de base à la suite du programme, en orientant la stratégie qui sera ensuite évaluée dans des modèles précliniques plus complexes.
« J’ai choisi Johns Hopkins, qui était mon premier choix pour me consacrer pleinement à la recherche. Cet institut représente une véritable pierre angulaire de la neurochirurgie, façonnée par des pionniers historiques comme Harvey Cushing et Walter Dandy. Le laboratoire de neurochirurgie, fondé il y a plus d’un siècle, se distingue aujourd’hui par une activité remarquable dans le développement et la délivrance de thérapies innovantes, notamment en immunothérapie pour les tumeurs cérébrales. »
Dr Xavier Schumacher
La seconde partie du projet vise à administrer la thérapie dans tout l’organisme grâce à des nanoparticules conçues pour ralentir sa dégradation dans le sang. Pour franchir la barrière hémato-encéphalique, le filtre naturel qui protège le cerveau en empêchant la plupart des substances d’y entrer, des ultrasons focalisés guidés par IRM seront utilisés. Cette technique permet d’ouvrir temporairement cette barrière et d’offrir au traitement un accès direct à la tumeur, tout en visant précision, sécurité et efficacité.
Des traitements ciblés grâce à l’immunothérapie
Les nouvelles approches d’immunothérapie cherchent à aider le système immunitaire à reconnaître enfin la tumeur, qui parvient habituellement à se cacher. En réactivant certaines cellules clés, ces stratégies pourraient permettre d’offrir des traitements plus ciblés et adaptés à chaque patient.
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