Télépathologie

 

La Fondation Cancer a transféré le 15 février 2017 la propriété des équipements de télépathologie vers le Laboratoire national de santé (LNS). Ces équipements indispensables à la télépathologie ont été financés par la Fondation Cancer à hauteur de 641 112 euros.

 

La télépathologie,pourquoi et pour qui ?

L’axe 5 du plan cancer, relatif au diagnostic du cancer, a pour ambition d’augmenter la survie et la qualité de vie des personnes atteintes de cancer et de diminuer la mortalité par cancer.

Dans ce cadre, une des mesures prévoit « d’organiser le laboratoire d’anatomopathologie afin de garantir, un résultat anatomopathologique dans un délai de 30 minutes après exérèse de la pièce opératoire*, pour au moins 95 % des examens anatomopathologiques extemporanés** ».

À cause du temps requis pour le transport physique des pièces opératoires, ce délai est actuellement plus long et, en conséquence, le nombre d’examens extemporanés faits à ce jour au Luxembourg est inférieur aux pratiques dans les autres pays européens. En raison de la pénurie mondiale de médecins spécialistes en anatomopathologie et du coût prohibitif que cela impliquerait, il est inconcevable d’avoir un anatomopathologiste sur place dans chaque hôpital. 

Un examen anatomopathologique extemporané de la pièce opératoire s’avère utile et nécessaire dans de nombreux domaines de la chirurgie thyroïde, poumon, prostate, cerveau, pancréas, oesophage, lymphome, etc.

Déterminer si une tumeur est à priori bénigne ou maligne et/ou décider de la suite de la procédure lors d’une intervention chirurgicale, nécessitent dans certains cas de prélever et d’examiner un échantillon de tissu au cours de l’opération. Ce n’est qu’après cette analyse, dite « extemporanée », que l’opération peut être poursuivie. 

Au vu du résultat de cet examen, le chirurgien peut décider de l’étendue de l’opération et s’assurer qu’il a enlevé tout le tissu cancéreux. Pour le patient, cette procédure peut lui éviter des ré-interventions chirurgicales ultérieures.

 
 

La télépathologie, c’est quoi au juste ?

La mise en place d’une plateforme de télépathologie, qui relie les quatre centres hospitaliers luxembourgeois au service d’anatomopathologie du LNS, permet un gain de temps (donc un temps raccourci sous anesthésie pour le patient) et une efficience indispensables grâce à une analyse immédiate. Le transport d’images par intranet sécurisé est instantané et élimine ainsi le temps de transport physique.

La télépathologie fait partie du domaine de plus en plus important de la télémédecine. Elle met en contact électronique immédiat le chirurgien en salle d’opération et l’anatomopathologiste au LNS.

Au niveau de l’hôpital, le système est composé d’un ordinateur puissant, d’une macro-caméra et d’un microscope virtuel pouvant être contrôlés à distance. Dès qu’un tissu est prélevé, l’échantillon est préparé, découpé et colorié par un technicien spécialement formé. 

Au niveau du LNS, se trouvent un microscope central et un système informatique en relation avec l’équipement hospitalier. Le pathologiste peut évaluer la préparation de l’échantillon sur son moniteur et guider le technicien. Il peut sélectionner la partie du spécimen la plus intéressante tout en manipulant le microscope de la salle d’opération à distance. L’analyse est effectuée endéans un délai maximal de 30 minutes, et le diagnostic est transmis directement au chirurgien qui peut poursuivre l’opération sur la base des informations reçues. 

Comme expliqué plus haut, la distance entre les différents centres hospitaliers et le LNS à Dudelange ainsi que l’encombrement des routes font que la télépathologie est la solution rationnelle pour offrir un service optimal aux patients. Elle a l’avantage de permettre au pathologiste de ne pas avoir à se déplacer et de pouvoir examiner les échantillons dans d’excellentes conditions matérielles, sans perte de temps et de ressources. Cette procédure novatrice réduit également la durée d’anesthésie du patient, et permet au chirurgien d’appliquer la technique chirurgicale la mieux adaptée à la pathologie. 

La mise en oeuvre de la télépathologie aura également une incidence sur la recherche. Les échantillons prélevés sur les patients sont congelés et stockés. Ils pourront ainsi servir à affiner le diagnostic, si nécessaire. Une fois la procédure de diagnostic achevée, les spécimens peuvent être utilisés dans des projets de recherche. Pour cela, il faut bien sûr avoir reçu le consentement éclairé du patient. 

Les équipements nécessaires pour la mise en oeuvre de la télépathologie ont été en majeure partie financés par la Fondation Cancer. Le LNS a mis en place les appareils complémentaires nécessaires et assure la formation en macroscopie des techniciens détachés pour une partie de leur temps de travail au sein des blocs opératoires des quatre centres hospitaliers luxembourgeois. La CNS participe pour moitié au financement de cette prestation. 

La télépathologie qui permet d’établir un télédiagnostic microscopique à distance est opérationnelle au Centre Hospitalier Emile Mayrisch depuis janvier 2017, les autres centres hospitaliers suivront au courant des années 2017/2018. 

Grâce à l’analyse efficace et rapide des échantillons de tissus, le télédiagnostic microscopique promet des perspectives novatrices dans la prise en charge du cancer.

 

* Prélèvement d’un tissu.

** Pendant le déroulement de l’intervention chirurgicale.                                      

Dernière modification le 11 avril 2017

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